SOS Suicide Phénix : Présentation de l’association

sos suicide phoenix

« Allo SOS Suicide ? »

La Fédération SOS Suicide Phénix regroupe 6 associations sur tout le territoire Français, depuis 1978. Toutes les associations ont le même objectif : accueillir les personnes suicidaires. Cela se fait par principalement par téléphone, mais aussi par messagerie et parfois en accueil physique.

Quand une personne compose le numéro de SOS Suicide, elle est mise en relation avec un bénévole non professionel formé à l’écoute d’une des 6 associations.

Tous les appels sont anonymes, et l’association ne dispose pas du numéro de téléphone des appelants. Les écoutants ne posent pas de questions qui briseraient cet anonymat. « Sans cette garantie d’anonymat, nous aurions sans doute beaucoup moins d’appel » assure Muriel.

Ensuite, l’écoutant se rend entièrement disponible à l’appelant. Il ne pose que peu de questions, utilise aussi les silences, et ne va jamais être directif. La parole se délie alors doucement. « C’est de parler qui soulage ». Le suicide est encore extrêmement tabou en France, pour les proches des personnes suicidaires, mais aussi pour soi. Parce que si je parle de mes idées suicidaires, « on va se dire que je suis lache, que je n’ai pas de courage ». La honte et la culpabilité sont très souvent présents chez les appelants. « Dès l’instant ou on prononce le mot « suicide », sans honte, la personne se sent compris ». Chacun peut trouver auprès de SOS suicide un lien protecteur pour aborder le suicide directement et librement.

Souvent, SOS Suicide complète l’accompagnement aurpès d’un psychologue. « C’est quelqu’un qu’on paye, et qu’on connait, donc on ne lui dit pas tout ».

Lorsqu’une personne est proche du passage à l’acte, les bénévoles sont formés pour proposer alors une assistance : demander un numéro pour garder le contact si la communication coupe, appeler les secours et s’assurer qu’ils arrivent bien au domicile de la personne. Cela se fait toujours dans le respect de la volonté de la personne, avec son accord.

Si la personne ne souhaite pas d’aide, « c’est sa liberté », et l’écoutant rempli le rôle de témoin et d’accompagnant dans cette fin de vie.

SOS suicide reste une des principales sources d’informations démographiques pour l’observatoire du suicide : nombre d’appels, évolution, sexe et milieu professionnel des appelants, etc.

Des permanences difficiles à assurer

La plage horaire d’ouverture principale est de 12h à 00h, tous les jours. Mais il est difficile d’assurer une permanence. « Pour que les gens ne se retrouvent pas à appeler dans le vide, nous avons un planning d’écoute sur le site » nous indique Muriel. « Je me retrouve souvent à répondre au téléphone, les personnes qui n’arrivent pas à avoir quelqu’un au standard trouvent d’autres moyens de nous contacter ».

Pouvoir assurer une permanence 24H/24h est un des souhaits de SOS Suicide, mais l’association « manque cruellement de bénévoles ». Les écoutes sont éprouvantes, beaucoup de bénévoles repartent s’ils considèrent ne pas pouvoir les réaliser. Le public écouté est la plupart du temps en « crise vitale », certains viennent juste pour échanger, mais beaucoup sont dans des situations de crise suicidaire.

Un bénévole qui postule pour SOS Suicide va passer plusieurs entretiens, notamment pour comprendre si la personne présente des fragilités qui pourraient rendre les écoutes difficiles. « Certains viennent parce qu’un proche s’est suicidé, ils cherchent une réparation », mais ils viennent souvent trop tôt après ce traumatisme pour pouvoir avoir un recul suffisant. L’association experimente un système d’observation pour les nouveaux bénévoles, qui viennent assister pendant un ou deux mois aux écoutes, ce qui leur permet d’appréhender les difficultés et de mieux comprendre s’ils se sentent capable de les assurer eux même.

Un programme novateur en préparation

Muriel nous présente le programme « sentinelle » lancé par l’association. SOS Suicide souhaite lancer des formations gratuite pour tous, afin que chacun puisse être capable de repérer des personnes en situation de risque suicidaire. Par groupe de 3 ou 4, les futurs sentinelles seront formées par visioconférence, et seront alors des relais pertinents pour sensibiliser sur la thématique du suicide, et pouvoir aller vers les personnes qui en ressentent le besoin dans leur cadre familial, personnel ou professionnel. La thématique est encore très peu abordée dans la sphère publique, malgré les chiffres conséquents des décès par suicide chaque année en France : c’est une façon de maximiser l’impact sur tout le territoire.

Notre interlocutrice

Muriel a fait des études de psychologie, avant de devenir éducatrice. Musicienne, elle a aussi vécu en artiste. « J’ai eu plusieurs vies » nous explique t elle. Touchée par des suicides dans son entourage, le sujet l’interpelle. Elle a donc rejoint SOS Suicide il y a 2 ans pour agir face à ce fléau et travaille maintenant à temps partiel pour la fédération.

« On est soutenus, on a des subventions, mais il faut se battre ». Le suicide n’est pas une cause facile, les esprits changent peu à peu, mais il est difficile de faire parler de ce sujet dans les médias. La couverture médiatique n’a rien à voir avec celle de maladies comme le Sida, le cancer, ou encore pour la sécurité routière (cause de 3 fois moins de décès que le suicide).

Cela montre une nouvelle fois à quel point le sujet peut rester tabou pour certains, et le chemin qui reste à faire pour une prise en charge et une prévention efficace de ces crises suicidaires.

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